rage"Le harcèlement moral, c'est bien pire. C'est vicieux. Difficile à percevoir pour ceux qui ne se doutent pas que cela existe. On dit qu'il y a des mots qui tuent. Des mots qui détruisent de l'intérieur. La différence avec les coups, c'est que les mots restent. Ils s'implantent dans la mémoire et vous rongent, progressivement. Après c'est différent....Ces mots là suffisent pour mettre à terre."

Noémya raconte ses années collége et le harcèlement lent et insidieux qui s'est installé autour d'elle. Comment une enfant souriante, heureuse, gentille, confiante devient taciturne, triste et dépressive. Comment vivre et surtout survivre, comment remonter la pente lorsque tout ramène vers cette blessure profonde de l'être, vers le questionnement sans fin du "pourquoi moi" ?

 

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Pouvoir libérer sa parole, libérer les paroles de ces enfants mis à l'écart par d'autres (eux même en souffrance) et surtout reconnaitre que cette douleur existe, que ce n'est pas "rien de grave"...Ce témoignage, un parmi d'autres, est primordial dans une société où la compétion est mise en avant et la gentillesse montrée du doigt comme une tare. Si seulement les enseignants pouvaient systématiquement en début d'année étudier un livre, un conte, une BD (selon l'âge) et faire réfléchir les élèves, les alerter avant que les problèmes ne surgissent...De plus ce témoignage révèle à quel point un adulte peu minimiser la parole d'un enfant (et parfois celle des parents) jugée trop vite comme une simple querelle... Redonner du sens à la parole, à l'échange à l'écoute. Pour l'avoir vécu, je sais que certains préfèrent ignorer ce qui est dit, ne pas s'en méler et parler de s'endurcir !

Extraits :

  • Je me sentais coupable de ce que je subissais. Comme si je l'avais cherché, d'une manière ou d'une autre. Dans ma tête de gosse, ça ne pouvait pas être "gratuit", ce n'était pas concevable...Il y avais forcément une raison valable. Si les adultes autour qui assistaient à ma mise à mort ne réagissaient pas, c'est que ce que je subissais était juste et légitime.
  • Dans ma tête une prison, victime d'exclusion, (...) Confiance en moi à terre, je ne me sens pas à ma place dans ce monde (....) Je me vois courir à toute vitesse vers la gare, direction un monde parfait, Ce rêve, combien de fois je l'ai fait ?
  • Je me suis repliée sur mon mal-être intérieur. C'était dur de se retrouver face à soi-même. J'attendais une main tendue.
  • De manière générale, les harceleurs n'ont pas d'empathie (....) Ils savent faire en sorte que leurs méfaits soient cachés aux yeux des adultes mais parfaitement visibles pour les autres élèves. (...) S'il n'y a pas de spectateurs, il n'y a pas de harcèlement.
  • Cela peut paraitre fou mais je préférais encore les coups. Les mots étant bien plus destructeurs, c'était invivable.

Janvier 2014

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