harry     "Apprenez à aimer vos échecs, Marcus, car ce sont eux qui vous bâtiront. Ce sont vos échecs qui donneront toute la saveur à vos victoires"

Harry Quebert est un écrivain reconnu. Il a été le Mentor de Marcus Goldman qui fut son élève et qui devint son ami. Harry lui donnera toutes les clefs du succès. Marcus réussit à écrire un livre  mais ne parvient pas à écrire le suivant. Acculé par un contrat signé avec sa maison d'édition, il doit retrouver l'inspiration à tout prix. C'est, tout naturellement, vers Harry qu'il se tourne pour reprendre confiance. Un drame vient tout bouleverser. Harry est accusé d'avoir assassiné une jeune fille  avec qui il aurait eu des relations coupables alors qu'elle était mineur. Marcus ne peut croire à ce crime et se précipite dans la tourmente pour mener sa propre enquête et écrire le livre qui innocentera son ami.

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C'est un roman remarquable par sa densité, sa précision. Le lecteur mène l'enquête avec Marcus, analyse les détails, entrevoit le coupable (ou croit l'entrevoir). Chaque chapitre apporte son lot de questions et presque jusqu'au bout, comme Marcus, on sent que quelque chose ne tourne pas rond, qu'il faut chercher encore. Bien sûr il y a quelques répétitions de trop et une ficelle ou deux qu'on voit venir mais sur l'ensemble de ce pavé, ce n'est rien !

663 pages que j'ai lu d'une traite ou presque !

Des extraits :

  • L'amour, c'est très compliqué. C'est à la fois extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. (...) L'amour, ça peut faire très mal. Vous ne devez pas pour autant  avoir peur de tomber, et surtout pas de tomber amoureux, car l'amour, c'est aussi très beau, mais comme tout ce qui est beau, ça vous éblouit et ça vous fait mal aux yeux. C'est pour ça que souvent, on pleure après.
  • Si les écrivains sont des êtres fragiles, Marcus, c'est parce qu'ils peuvent connaître deux sortes de peines sentimentales, soit deux fois plus que les êtres humains normaux: les chagrins d'amour et les chagrins de livre. Ecrire un livre, c'ets comme aimer quelq'un: ça peut devenir très douloureux.
  • Au fond, Harry, comment devient-on écrivain ? - En ne renonçant jamais. Vous savez Marcus, la liberté, l'aspiration à la liberté est une guerre en soi. Nous vivons dans une société d'employés de bureau résignés, et il faut, pour sortir de ce mauvais pas, se battre à la fois contre soi-même et contre le monde entier. La liberté est un combat de chaque instant dont nous n'avons que peu conscience. Je ne me résignerai jamais.
  • Dans notre société les hommes que l'on admire le plus sont ceux qui bâtissent des ponts, des gratte-ciel et des empires. Mais dans la réalité, les plus fiers et les plus admirables sont ceux qui arrivent à bâtir l'amour. Car il n'est pas de plus grande et de plus difficile entreprise.
  • Chérissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquête, votre seule ambition. Après les hommes, il y aura d'autres hommes. Après les livres, il y a d'autres livres. Après la gloire, il y a d'autres gloires. Après l'argent, il y a encore de l'argent. Mais après l'amour, Marcus, après l'amour, il n'y a plus que le sel des larmes.

Août 2012