conte     C'est l'histoire d'une déchéance et d'un possible retour à la vie. Pierrette est veuve. Elle est perdue. Tout s'enchaîne très vite. Jetée à la rue, elle n'a plus rien. Effrayée, seule et sans défense, il va lui falloir beaucoup de courage pour affronter le froid, la détresse et tous les dangers d'une ville sans âme. 

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Cette histoire touche parce qu'Anne Calife a vécu "la rue " pendant un an pour mieux comprendre la vie "d'en bas". Ce livre qui date de 2007 est plus que jamais d'actualité malheureusement. L'auteur ne tombe pas dans la sensiblerie. Pas besoin de verser une larme pour se sentir proche de l'Homme dans ce roman. Elle nous remet "les pendules à l'heure". C'est une histoire qu'il faut garder en mémoire lorsque l'envie nous prend de juger, de dédaigner. Il n'y a pas d'accusation, pas de culpabilité, le récit est celui d'une femme dans la peine qui croise le chemin d'autres humains qui s'en sortent...ou pas, qui l'aident ...ou pas. A chacun d'y puiser sa part d'humanité.

Des extraits :

  • Si je savais m'exprimer aussi bien qu'elle, je répondrais qu'on ne peut circonscrire la souffrance à des régles, des horaires; la souffrance c'est immense, ça déborde de partout. La douleur a besoin d'espace pour se diluer. Envie de partir, envie de ciel et d'ailes.
  • Oui, je sais qu'on est libre, tellement libre qu'on en devient seul, terriblement seul.
  • Menteuse, voleuse, alcoolo, toxico...je m'en fous, si vous saviez comme je m'en fous qu'elle mente, qu'elle mente pas, qu'elle fume de l'héro, qu'elle la fume pas. Papillon, c'est une perle dans une flaque de boue, un cygne qui ne le sait pas.
  • Il existe bel et bien deux mondes : le monde de ceux qui possèdent, et l'autre, celui de ceux qui n'ont rien. Mais alors plus rien. Entre les deux rugit le fleuve large et vert.
  • Et cet homme à terre, que tous croisent sans voir, peu importe qu'il ait bu, qu'il soit sale, il reste un humain, un Homme ! Et ce mot, il faudrait le crier.