L'Eclaircie - Philippe Sollers - Gallimard
Des histoires d'amour qui s'entremèlent entre un frère et une soeur, le frère et Lucie, sur fond de tableaux de peintres célébres, surtout Manet et Picasso. Un étonnant mélange, une grande découverte, un voyage dans des univers sensuels, créatifs, provocateurs et amoureux.
Sur la couverture du livre, il est écrit Roman...j'ai bien du mal à y voir un roman tant ce récit fourmille de sujets philosophiques, de passages d'histoires (à travers des peintres, écrivains). Pour moi c'est une belle ouverture vers l'art et peut-être le pont (perdu) entre notre société et la vraie richesse, celle de penseurs et artistes libres et amoureux de leur plaisir.
A lire surtout si on aime l'art ! ![]()
des extraits
- Je ne suis pas allé à son enterrement, trop de fatigue. (...) Comment expliquer qu'il faut laisser les morts enterrer les morts ? Je le pense, mais mieux vaut le silence. J'évite autant que possible la mort.
- Qu'est-ce qu'une belle jeune femme s'il n'y a pas un Manet ou un Picasso pour la voir ?
- Les premiers mots que je chuchote à lucie lorsqu'on se retrouve, rideaux fermés, après l'avoir embrassée et avant qu'elle se déshabille, sont : Désennuyons-nous".
- Les toiles de Picasso étant des concerts, il faut devenir soi-même concert pour les comprendre. Pas évident dans le bruit du monde.
- Dans le chaos actuel, j'aime que le livre, qui rime ici avec Lucie, s'appelle l'éclaircie.
- Le rêve vous fait coupable mais pas responsable, c'est un crime sans conséquences.
gallimard 2012
la petite - Michèle Halberstadt - Albin Michel
C'est un petit roman écrit à la première personne. Une fillette de 12 ans, un peu trop sage, décide de mourir. Elle vient de perdre son grand-père, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Elle se croit incomprise par sa famille, ses amis. Cet événement précipite sa décision.
Tout est juste dans ce roman. L'auteur a su transcrire le cheminement de l'enfant avec beaucoup de délicatesse. Peu à peu, la petite renaît à la vie et reprend sa place.
Des extraits
J'étais ce qu'on appelle une enfant sans histoire. Je continuai à l'être. Personne ne remarqua que je me repliais sur moi, que je rentrais en moi. J'étais calme. Je devins silencieuse. Je n'étais plus sage. J'étais seule.
Je voulais tout. Ecrire. Chanter. Inventer. Composer. Je n'avais aucun désir de puissance, mais la soif d'être quelqu'un, la terreur de ne pas y parvenir et la certitude que je ne survivrais pas à l'échec.
À force de me retrancher en moi-même, j’avais éteint mes couleurs. Je me voulais invisible, j’étais désormais insipide. Le malentendu était en marche.
Comment se faire aimer de la reine (grande soeur) quand on n'est que la naine ? J'y épuisais mes nerfs. J'en oubliais de grandir.
Dès que j'étais en classe, mes pensées faisaient l'école buissonnière.
Etre ou ne pas être comme tout le monde. Fallait-il choisir son camp pour cesser d'être "la petite" et grandir enfin ?
Une deuxième chance. Si je l'avais, qu'est-ce que j'en ferais ? Je changerais tout, c'est sûr. D'abord, je sortirais de mon trou. J'irais parler aux gens.
Ma vie, elle dépend de moi, pas des autres. Ne rien attendre des autres, et se lancer dans la bagarre. Se cogner à la vie au lieu de la regarder passer. (...) Moi, je ne me suis jamais battue pour rien. J'ai plié la tête pour rentrer dans mon trou. J'ai fait la souris. Autant dire rien du tout. maintenant, je vais faire. Je vais essayer. J'ai envie d'essayer.
2011
Le cas Sneijder - Jean-Paul Dubois - l'Olivier
Paul Sneijder monte dans l'ascenseur d'une tour de Montréal, avec sa fille et des inconnus. C'est l'accident, l'ascenseur tombe à une vitesse vertigineuse et rien ne l'arrête. A son réveil, tous les "passagers" de l'ascenseurs sont morts, sauf lui. Commence alors une vie entre parenthèse, ou l'homme cherche à comprendre pourquoi lui , pourquoi sa fille , et surtout il va remettre sa vie actuelle en question : sa femme, ses fils, son travail.....
Un roman différent parce que l'histoire tourne non pas autour d'un procès pour gagner de l'argent mais plutôt autour d'une quête spirituelle, d'une recherche de sens de la vie et de la mort.
Des extraits
Pourquoi en est-on venu à diviser ainsi la terre en minuscules quartiers d'orange ? Comment nous a t-on dressés pour que nous acceptions de nous tenir tranquilles sur une misérable surface ?
Ils faisaient partie de ces hommes qui donnent des rèponses. C'étaient rare. Ils n'étaient pas omniscients mais à chaque question ils estimaient de leur devoir d'apporter, au moins, des éléments assez clairs pour que chacun pût ensuite bricoler sa part de vérité.
Vivre ensemble. C'était déjà impossible de coexister avec sa propre famille. La vie était un sport individuel. On pouvait mourir ensemble dans un ascenseur. Pas y vivre. Supporter l'autre était toujours un supplice intime.
Octobre 2011
1Q84 - Haruki Murakami - Belfond
Livre 1 Avril - Juin
Les deux personnages principaux se sont croisés enfants puis ils se sont perdus de vu. Pourtant ils n'ont pas oublié. Tengo est devenu un professeur de mathématiques en école préparatoire et il s'applique à écrire des romans car il est passionné de littérature. Aomamé est une femme mystérieuse, professeur d'arts martiaux. Elle aide une vieille femme à mettre à l'abri les femmes battues mais son aide va beaucoup plus loin que la simple protection... L'histoire se passe en 1984 au Japon... s'il s'agit bien du monde réel dans lequel se passe cette histoire.... Il règne une atmosphère troublante et anormale. C'est un thriller fantastique.
Un roman qu'on a du mal à refermer et dont on veut lire la suite sans attendre ! Tout y est étrange, rien ne semble complétement vrai. Une histoire sous tension avec deux personnages dont on attend impatiemment les retrouvailles...
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Des extraits :
La plupart des gens ne savent pas apprécier un roman. Mais ils ne veulent pas rester à l'écart de la mode. Donc, il suffit qu'un livre ait reçu un prix, que tout le monde en parle, pour qu'il soit acheté et lu.
"Il y a des liens plus importants que les liens du sang." Déclara la vieille femme d'une voix paisible.
Août 2011
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Livre 2 Juillet - Septembre

Nos deux héros se cherchent inlassablement dans un monde étrange où deux lunes apparaissent. Ils se cherchent sans en être totalement conscient et en même temps participent à la résolution d'une énigme sur des forces maléfiques qui gouvernent.
Difficile de résumer une telle histoire entre l'amour qui guide leurs pas, l'ambiance fantastique qui entoure le récit d'un mystère épais...certains événements s'éclaircissent et d'autres laissent le lecteur dans l'expectative.
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Des extraits
Même si tous les deux avaient beaucoup changé, et même si la possibilité qu'ils renouent des liens était déjà perdue, ce qui n'avait pas été altéré, c'était cet échange essentiel qui s'était réellement produit entre eux, il y avait bien bien longtemps, dans la salle de classe, après les cours.
Vos deux destins ne se sont pas simplement croisés. Il fallait que vous pénétriez tous les deux dans ce monde. Et une fois dedans, vous aviez l'un et l'autre un rôle à y jouer, que cela vous plasie ou non.
Il n'y a rien dans ce monde que l'on puisse garder pour soi à tout jamais.
Août 2011
Le harcèlement moral dans la cours de récréation
Aujourd'hui le harcèlement est parfois infime, discret et passe pour une bonne blague ou un conseil avisé "qui lui fera le plus grand bien !"genre:
Il est moche ton pull. Tu n'as pas honte de venir avec ce manteau ? Tu sais que cela ne se fait pas de mettre des bottes avec un pantalon de sport ? Pourquoi tu mets toujours cette horrible écharpe ? tes parents ne t'ont pas acheté de téléphone portable ...mais ils sont vraiment trop sévères ! C'est nul ton T-shirt ! Tu as vu ta tronche avec cette coiffure ? A ta place j'oserais même pas venir en cours ! etc.....croche-pieds pour rigoler, ouverture du sac à dos en cachette comme ça tout tombe etc....
J'en ai marre de voir des enfants malheureux parce que de petites "femmes" avec leur sacs à main et leurs hauts talons font la loi dans les collèges ! (et se cassent le dos, se tordent les chevilles et se coiffent comme des poupées barbies...) Parce que des garçons "buldozers" font croire que les muscles valent mieux que la politesse ! : Si tu es malin, tu triches, c'est, disent-ils, une preuve d'intelligence et celui qui ne le fait pas n'est qu'un "c.n" ! (futurs ingénieurs , médecins ou commerçants, président ?...etc ) Il y a un vrai malaise dans les établissements. Je connais beaucoup de parents perturbés par ce sentiment d'exclusion que vivent leurs enfants au moindre écart de style ou parce qu'ils ont une éthique ! Aujourd'hui, en pleine crise, c'est le règne du "m'as-tu vu" et "pas vu pas pris "! ( société bling-bling ou l'opportunisme et le piston dominent)
Est-ce que c'est ça, la société de demain ? l'apparence avant tout et avant l'humain surtout ?
Les tribulations d'une caissière - Anna Sam - Stock
Anna Sam a un bac + 5. Pourtant, pour vivre, elle trouve un emploi d'hotesse de caisse ! Ce livre est basé sur ses aventures en tant que " caissière" et qu'elle raconte au jour le jour dans son blog Sam tribul'
Le film de cette histoire est sorti le 14 décembre 2011, réalisé par Pierre Rambaldi (je ne l'ai pas vu.)
Un petit livre qui se lit très vite mais qui reste écrit comme dans un blog. Le livre est surtout amusant par ses anecdoctes et grinçant aussi ! Il dénonce d'une part le regard de la société sur les "petits" emplois ( les clients irrespectueux) et d'autre part l'abus des "patrons" qui exploitent ces mêmes emplois: Des salaires limitent, des horaires impossibles, une véritable mise à l'épreuve par rapport à la disponibilité exigée...mais heureusement il reste la solidarité entre caissières. A lire, ne serait-ce que pour comprendre le quotidien des hôtesses de caisse et ce que nous pouvons améliorer en tant que client !
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un extrait:
Alors si vous entendez une mère dire à son enfant en vous pointant du doigt : "Tu vois chéri, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu deviendras caissière, comme la dame ", rien ne vous interdit d'expliquer que ce n'est pas un sot métier, que vous ne voulez pas rester au chômage et que vous avez même fait des études brillantes. (...) sinon, ne vous étonnez pas si après les enfants vous manquent de respect ou vous voient comme une ratée...
J'ai un scoop pour toutes ces personnes bien pensantes : il est loin le temps où avoir fait des études conduit à un emploi de rêve. Aujourd'hui, les diplomés universitaires occupent aussi bien souvent des petits boulots.
Août 2008
Betty - Arnaldur Indridason - Métailié
Dans sa prison, le personnage prinicpal du livre raconte comment il en est arrivé là. De "flashback" en "flashback" on découvre un meurtre, un trio douloureux d'amants, de la violence, de l'envie, de la cupidité.... Inspiré par le facteur sonne toujours deux fois, l'auteur nous délivre ce remake bien ficelé.
Au début, l'intrigue s'installe. Jusqu'à une centaine de page, je trouve, que c'est bien écrit mais pas exceptionnel. Tout d'un coup, une surprise incroyable fait revenir en arrière, reprendre les premières pages, vérifier qu'on n'a pas "loupé" quelque chose d'important ...et là on se dit que c'est drôlement habile ! Un voile se lève qu'on n'avait pas vu venir et on a vraiment envie de connaitre la fin.
Des extraits
Je me souviens d'avoir pensé que c'est l'argent qui avait créé cet homme. J'aurais pu lui dire ce que je pensais de ces petits merdeux qui n'ont jamais eu envie de se cultiver parce qu'ils tiennent la culture pour une perte de temps et une idiotie. (...) Son air assuré avait une odeur d'argent.
Qu'est-ce qui vous rend aveugle et qui vous fait vous fourvoyer jusqu'au point de non-retour ? Qu'est-ce qui vous conduit à ignorer les signaux de danger, les erreurs, à refuser de voir ou de comprendre ce qu'on ne perçoit que lorsqu'on court à sa perte ? (...) Qui entreprendrait d'examiner sa vie au microscope ? Qui en aurait le courage ? Personne ne peut supporter d'aller au fond de soi sans s'apitoyerou être complaisantenvers soi.
octobre 2011
Assomons les pauvres - Shumona Sinha - l'olivier
Une femme passe la nuit au commisariat parce qu'elle a jeté une bouteille sur la tête d'un immigré. Cette femme est elle-même étrangère et elle est interprête. Ses mots sont là pour traduire la parole de ceux qui demandent asile en France.
Une lecture qui m'a laissée perplexe et perdue ! Je me suis précipitée sur ce roman qui me semblait être aussi un témoignage au plus près, de ce que vivent aujourd'hui les étrangers qui arrivent en France...et bien le fil conducteur est vraiment difficile à suivre : qui est cette femme, que fait-elle ? Qui sont ces gens qu'elle rencontre ? des menteurs, des "revenants" d'un passé qu'elle veut nier....je ne sais pas très bien. Le style est poétique certes, un peu trop ... il nuit au discours de l'auteur, qui, je crois, essaie de dénoncer un système injuste et qui pousse au mensonge, à la tromperie. Bref je suis très déçue par cette lecture. Elle ne correspond pas du tout à ce que j'en attendais.
Des extraits :
Le rêve est cette volonté qui nous fait traverser des kilomètres, des frontières, des mers et des océans, et qui projette sur le rideau gris de notre cerveau l'éclaboussure des couleurs et des teintes d'une autre vie. Et ces hommes envahissent la mer comme des méduses mal-aimées et se jettent sur les rives étrangères.
Eleuthera, la liberté, définit la possibilité d'aller où on veut. (...) Ils ne l'étaient pas, aucun de ces hommes que nous recevions dans nos bureaux ne l'était. Ils ne le seront jamais. Mais ils sont libres de dire ce qu'ils veulent croire être leur vérité. Dire est une liberté.
Moi je n'ai jamais vu de fleurs calcinés. Il est plus facile sans doute de brûler les femmes que les fleurs. Il est plus excitant de rendre muettes celles qui ont une voix.
Août 2011
Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson - Gallimard
Sylvain Tesson décide de partir seul. Il vit dans une cabane en bois au bord du lac Baïkal en Sibérie. Son pari : Vivre six mois en ermite afin de découvrir ses capacités, de se mettre à l'épreuve de la solitude et de revenir à l'essentiel alors que la soiciété est aujourd'hui l'exact opposé de cette vie sauvage.
Il découvre la beauté et la cruauté de la nature, il découvre la beauté et la cruauté des hommes. Il développe sa patience, son sens de l'observation, sa volonté de vivre en affrontant chaque jour, chaque heure. Rien n'est facile même dans la simplicité mais chaque moment est apprécié ou éprouvé à sa juste valeur. C'est un récit qui se présente sous la forme d'un journal. On y trouve de la poésie, de la sérénité, de l'amitié, du découragement et même du désespoir. Il n'est pourtant pas facile à lire. Pas simple d'accrocher un lecteur sur des paysages...heureusement, il y a aussi de l'aventure et quelques surprises.
Des extraits:
Le luxe de l'ermite, c'est la beauté.
Une question se pose à l'ermite : peut-on se supporter soi-même ?
J'aime entrer dans le bois. Derrière l'orée, les sons s'atténuent. Lorsque je pénètre sous la voûte d'une cathédrale gothique, en France ou en Belgique, j'éprouve le même engourdissement. Une douceur dans l'être qui alourdit les paupières et diffuse sa tiédeur derrière l'os frontal. Quelque chose réagit en moi au rayonnement de la pierre calcaire comme au rayonnement des résineux. A présent je préfère les futaies aux nefs de pierre.
L'imprévu de l'ermite sont ses pensées. Elles seules rompent le cours des heures identiques. Il faut rêver pour se surprendre.
Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu'un à qui l'expliquer.
Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences. Le monde est gris de nos fadeurs.
La contemplation, c'est le mot que les gens malins donnent à la paresse pour la justifier aux yeux des sourcilleux qui veillent à ce que chacun trouve sa place dans la société active.
Juin 2011
Enfin la nuit - Camille Leboulanger - L'Atalante
C'est la fin du monde - le ciel est jaune orangé et la nuit ne revient jamais.
Quelques survivants partent, quittent tout sans savoir où aller. Thomas, ancien flic, part lui aussi à l'aventure dans ce monde étrange et dangereux. C'est un retour à l'état sauvage, il ne faut pas accorder sa confiance à n'importe qui. Il y a des bonnes et des mauvaises rencontres pendant ce périple: Un train manqué, un amour perdu, de l'amitié, du courage et de la lacheté, des victimes et des coupables et surtout une immense solitude.
Une histoire bien écrite qui se lit rapidement avec du suspens, de l'humour, de la poésie et un brin de philosophie !
Des extraits :
C'est sûr qu'ici c'est plus tranquille. C'était déjà mort avant, alors, maintenant que c'est la fin du monde, ça risque pas de s'améliorer.
Il y a quelque chose d'ironique dans le fait que le monde modrene, si technologique et si athée, s'effondre dans une sorte de langueur aux couleurs d'enfer chrétien.
Quand on ne peut même plus compter le temps qui passe correctement, tout ce qui compte, c'est de le perdre d'une manière la plus plaisante possible.
Août 2011
Que font les rennes après Noël ?- Olivia Rosenthal - Verticales
L'auteur raconte en même temps (par paragraphes différents), d'une part la vie d'un enfant et ses grandes étapes vers l'âge adulte et d'autre part la vie d'hommes qui s'intéressent aux animaux: un dresseur de loup, un gardien de Zoo, un soigneur, un boucher...
Récit très particulier parce que c'est déboussolant de sauter d'une histoire à l'autre. Pour tout dire, j'ai rapidement "zappé" les hommes avec les animaux ! Sans doute l'allégorie entre les deux histoires est formidable mais cela m'a vraiment ennuyé. Par contre la description de ce que ressent l'enfant qui grandit, se questionne, ne sait plus ce qu'il veut, s'affranchit des regards est particulièrement juste. Rien que pour ces passages, je veux mettre un
..."vouloir grandir..ou pas"....telle est la question...
Des extraits :
être bien nourri et bien logé a pour effet d'endormir nos sens.
Vous voudriez être quelqu'un d'autre mais vous ne savez pas comment vous y prendre. Quant à être vous-même, c'est une entreprise qui vous semble au-dessus de vos forces.
Vous découvrez que perdre le contrôle de soi offre des plaisirs insoupçonnés. Vous vous préparez.
septembre 2010
Coeur de feu - Senait Mehari - L'Archipel
J'étais une enfant soldat
Tout est dit dans le sous-titre de ce livre ... L'auteur raconte son calvaire d'enfant soldat. Laissée pour morte par sa mère, elle est prise en charge dans un orphelinat avant d'être reprise par sa tante puis par son père. La vie est difficile, son père l'abandonne aussi et la confie ainsi que ses soeurs au front de libération de l'Erytrée (FLE). Elles n'ont pas 10 ans qu'on leur donne une kalachnikov . Pourtant Senait fera preuve d'une force de caractère incroyable et évitera par tous les moyens de tirer sur un ennemi qui, comble de l'absurde, lui ressemble. Deux fronts tentent de gagner l'indépendance de l'Erythrée (Le FLE et le FPLE front populaire de libération de l'Erythrée) et au lieu de s'allier, ils s'opposent !
Un jour, son oncle (frère de son père), retrouve ses nièces et parvient à les sauver juste à temps car le FLE sera perdant. Grâce à cet homme, juste et honnête, Senait et ses soeurs pourront souffler et elles s'exileront en Allemagne où elles pourront vivre enfin en paix.
Un récit touchant mais pas du tout larmoyant. C'est simplement le témoignage fort d'une jeune femme qui a survécu à une enfance incroyablement injuste et cruelle. L'auteur ne fait pas verser de larmes sur son sort ou celui de ses compagnons. Elle nous ouvre les yeux sur ce que représente un "enrôlement" afin de mieux en comprendre le mécanisme pour mieux le dénoncer aussi. Il me vient en tête cette petite phrase de JJG "Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens..."
Des extraits :
Le pouvoir transforme les hommes, mais rarement en bien.
Et elle me raconta sa vie d'enfant soldat. Son récit était pimenté. Son enthousiasme n'était pas feint, elle ressentait vraiment ce qu'elle racontait. Elle avait été éduquée dans ce sens par ses parents, au jardin d'enfants puis à l'école. cette fierté s'évanouit toutefois très vite chez les Erythréens en Europe. Tous ceux qui ont, dans leur enfance, combattu en Afrique prennent ici conscience de l'abomination de ce qu'ils ont vécus. A Asmara, il y a un asile de fous pour les gens qui, comme moi, se mettent à réfléchir et à douter. Considérés comme incurables, ils n'en sortent jamais.
En Afrique, les prêtres vivent des dons qu'ils reçoivent des croyants. S'ils ne sont pas bons, ils n'obtiennent rien et doivent chercher une autre occupation. Les gens viennent à l'église pour prier et chanter ensemble, pour sentir qu'ils font partie d'une communauté, et non pour répéter toujours la même chose pendant une heure (...)
2008
Le dîner - Herman Koch -Belfond
Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin.
Deux frères et leurs épouses se donnent rendez-vous dans un grand restaurant d'Amsterdam. Serge est ministre et use de passe-droit pour obtenir une bonne table. Paul est un professeur d'histoire mis en disponibilité.
Au début, cela ressemble à une réunion de famille "banale" durant laquelle les membres expriment les "habituelles" tensions et rivalités. Le dîner sert de révélateur de secrets et de souffrances. Au fil des plats élégants, prétentieux et ...légers, les convives se dévoilent et leurs actes apparaissent de moins en moins anodins. Les enfants des deux couples entrent en scène et on découvre qu'ils ont commis des actes d'une violence incroyable. Le récit bascule complétement. Comment les "adultes" vont-ils résoudre ce drame ?
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J'ai trouvé amusant, que le roman commence doucement sur une famille heureuse et une rencontre de frères un peu "barbante" ...pourtant au fil de la lecture on découvre un enchevêtrement de faits de plus en plus troublants jusqu'à n'en pas croire ses yeux !! jusqu'ou peut-on aller pour l'amour de ses enfants ? jusqu'ou faut-il aller au nom de l'amour ? ...et qu'en est-il de l'éducation ? Tout de même un petit bémol...parfois le lecture m'a parut un peu longue dans certains passages.
Un extrait
Je l'ai regardé, j'ai regardé les yeux clairs sous le bonnet noir, les yeux francs qui, j'en avais toujours été convaincu, formaient une part non négligeable de notre bonheur.
mai 2011
Olivier - Jérôme Garcin - Gallimard
Dans ce livre l'auteur raconte le manque qu'il ressent si souvent. Jérôme Garcin perd son jumeau, Olivier, juste avant de fêter leur sixième anniversaire. Un brutal accident de la route, injuste, inacceptable.
Le besoin de coucher sur papier une douleur insurmontable, le besoin de l'écrire pour s'en affranchir...un peu. C'est un très beau texte empreint de délicatesse.
des extraits :
Je ne sais pas m'adresser aux sépultures. j'ai perdu le langage qu'on apprend au catéchisme et qu'on pratique dans les églises. Je suis discourtois avec le ciel, maladroit avec ses intercesseurs. Rien de ce qui est trop élevé ne m'attire, j'aime le monde à hauteur d'homme et que le sacré s'accomplisse sur la terre, une offrande discrète, la beauté d'une lumière, de velours adoucissant la pierre. (...) Mes morts vivent en moi. Ils me tiennent compagnie. Ils voyagent et respirent à mon rythme.
J'ai pleuré ce matin-là sur l'amie disparumais aussi sur ma propre jeunesse, sur l'époque si lointaine où déçu par le monde réel, je demandais asile au royaume du papier et me réfugiais dans les livres. Ils ont été mes meilleurs alliés, mes compagnons de route, mes directeurs de conscience.
Cette sensibilité exacerbée aux textes des vivants précaires et aux témoignages des survivants figés dans la douleur ne m'a jamais quitté. On ne lit bien que pour se retrouver.
Car la mort d'un enfant est un scandale, et l'accepter, c'est abdiquer.
Tous les cinq nous sommes les doigts d'une même main caressante.
mars 2011
Rêves Mortels - Peter James - Milady
Traduit de l'anglais par Jazenne Tanzac -Roman policier et fantastique
Sam rêve et ses rêves sont prémonitoires. Elle ne supporte plus de voir l'avenir alors que personne ne veut la croire. Que peut-elle faire pour prévenir les gens sans passer pour une folle ? Avec acharnement elle consulte, médecin, psy, médium, scientifique en vain. C'est seule qu'elle va devoir affronter la force maléfique qui rôde autour d'elle.
Un bon roman à suspens. L'auteur parvient sans difficulté à entrainer le lecteur dans un mélange de logique et d'étrange.
Des extraits :
Non ce n'était rien. Tout cela ne voulait rien dire. Ce n'étaient que de vieilles images ressurgies de vieux rêves. Il fallait les oublier. L'esprit vous joue de ces tours...
Voyez-vous, tant que nous vivons, nous ne faisons que prendre : nous consommons de l'essence, nous polluons l'atmosphère et nous décimons les forêts. Nous sommes des prédateurs. Moi, je crois que nous avons tous besoin de donner en échange. Nous devrions essayer de laisser le monde dans un meilleur état que celui que nous avons connu.
2009
Hypnose - Peter James - L'Ombre de Bragelonne
Traduit de l'anglais par Benoît Domis
Charley et Tom quitte Londres pour la campagne. Ils réalisent leur rêve : acheter une vieille maison à retaper. Un nouveau départ pour le couple qui ne parvient pas à avoir des enfants. Pourtant très vite, Charley eprouve un vif malaise dans cette maison. De vieux souvenirs et des cauchemars surgissent. Sous les conseils de son amie Laua elle décide d'entamer des séances d'hypnose pour tenter de comprendre ce qui cloche dans sa tête. A partir de là la vie du couple bascule totalement...ne leur laissant aucun répit, tout devient de plus en plus mystérieux et étrange.
Excellent thriller mélant suspens et surnaturel et tenant le lecteur en haleine jusqu'au bout. On a vraiment envie de croire à cette histoire. Un repproche cependant, il reste des zones d'ombres, tout n'est pas très clair et j'aurais aimé davantage d'explications ou de suggestions d'explications...mais rien n'est vraiment handicapant pour la compréhension générale de l'histoire.
Des extraits :
La vie semblait triste, limitée et vaine quand tout ce que possédait une personne pouvait tenir dans une valise, une malle ou une caisse. Quand on pouvait ranger ainsi toute une existence.
Nous savons ce qu'est un cadavre mais je ne pense pas que nous sachions ce qu'est la mort. Je ne crois pas plus en la mort que je ne crois en la vie.
Quelqu'un a dit un jour que le mariage était comme un verre. Une fois qu'il est cassé, on peut recoller les morceaux, mais les félures resteront toujours visibles.
juin 2011
G 229 - JP Blondel - Chastel
Un professeur d'anglais dans un lycée "quelconque" enseigne avec passion et parfois avec un peu de "routine"depuis des années toujours dans la même salle : bâtiment G salle 229. On suit son questionnement sur son métier, son avenir et l'intérêt qu'il y trouve malgré les difficultés qui s'accumulent...
Un sujet d'actualité mais qui ressemble davantage à un récit autobiographie d'annecdotes qu'à un roman.
des extraits
Je pourrais rester là des heures, les mains dans les poches de mon manteau, à fixer un point au-delà de la rocade, vers le centre-ville. Je me laisserais absorber. Je suis très fort pour ça. Je passe la majeur partie de ma vie à essayer d'abolier le temps.
Quand je fais cours, je m'oublie. Je me dilue. Je suis sûr que nous sommes des milliers comme ça - à disparaitre momentanément tous les jours.
Et on sait que la seule arme qui fasse sauter les dictatures, c'est l'amour.
Des plages de filles contre lesquelles se brisent des océans de garçons.
Nous voulons qu'ils soient ce que nous ne sommes pas parvenus à être, immortels.
juin 2011
Aragon - Philippe Caubère - film de Bernard Dartigues

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Deux parties :
Le Communiste ( poèmes de 1929 à 1954) et Le Fou (poèmes de 1954 à 1973)
1 – Réfractaire
2 – Ancien combattant
3 – Faiblement dit
4 – Poème à crier dans les ruines extraits de La Grande Gaîté, 1929
5 – Front rouge (fragment)
extrait de Persécuté Persécuteur, 1931. (Aragon, Choix de poèmes. Ed. Temps actuels).
6 – Hymne
extrait de Hourra l’Oural, 1931. (Aragon, Choix de poèmes. Ed. Temps actuels).
7 – La Valse des vingt ans
extrait du Crève-Cœur, 1941. (N.R.F., Poésie Gallimard).
8 – Les yeux d'Elsa
extrait du recueil Les Yeux d’Elsa, 1942. (Ed. Seghers, réédité en 1993).
9 – Le Musée grévin (fragment)
extrait du Musée Grévin, 1943. (Aragon, Choix de poèmes. Ed. Temps actuels).
10 – La Délaissée
11 – Le conscrit des cent villages
12 – Paris
extraits de La Diane Française, 1944. (Ed.Seghers, réédité en 1993).
13 – Deux ans après
14 – Prose de sainte Catherine
15 – Vise un peu cette folle
extraits du Nouveau Crève-Cœur, 1948. (N.R.F., Poésie Gallimard).
16 – On vient de loin
17 – Comment l'eau devint claire
18 – Le sacre de l'avenir
extraits du recueil Les Yeux et la Mémoire, 1954. (N.R.F., Poésie Gallimard).
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1 – Stophes pour se souvenir
extrait du Roman Inachevé, 1956. (N.R.F., Poésie Gallimard).
2— Le chant de la paix
extrait du recueil Les Yeux et la Mémoire, 1954. (N.R.F., Poésie Gallimard).
3 – La beauté du diable
4 – Parenthèse 56
5 – La guerre et ce qui s'en suivit
6 – Le mot “ VIE ” (fragment)
7 – L’amour qui n'est pas un mot
extraits du Roman Inachevé, 1956. (N.R.F., Poésie Gallimard).
8 – Quai de Béthune
9 – Complainte de Robert le diable
10 – Les feux de Paris
11 – Elsa entre dans le poème
12 – Épilogue
extraits du recueil Les Poètes, 1960. (N.R.F., Poésie Gallimard).
13 – Les chambres (fragment)
extrait du recueil Les Chambres, 1969. (Aragon, Choix de poèmes. Ed. Temps actuels).
14 – L’an 2000 n'aura pas lieu
15 – Paroles perdues (fragment)
extraits du recueil Les Adieux, 1958-73. (Aragon, Choix de poèmes. Ed. Temps actuels)
composé, mis en scène et joué par Philippe Caubère
Seul sur scène pendant 3 heures le comédien déclame des textes d'Aragon avec une énergie incroyable et un sens du rythme dément ! A travers son spectacle on saisit le sens des poèmes d'Aragon. Les documents qui défilent pendant ces longs monologues (mais qui ne paraissent pas longs !) permettent d'éclairer les propos de l'auteur, les replacent dans leur contexte: la guerre, le communisme, l'amour. Ce spectacle ne date pas d'aujourd'hui (1996) mais c'est aujourd'hui que je le découvre avec beaucoup d'intérêt.
extraits:
Les yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
Vise un peu cette folle
Vise un peu cette folle et ses souliers montants
Elle a tous les ruisseaux dans ses regards d’émail
Elle a tous les oiseaux sur son chapeau de paille
Et dans son sac-à-main ses rêves de vingt ans.
La valse des vingt ans
Bon pour l’amour et pour la mort bon pour l’oubli
Dans le manteau de pluie et d’ombre des batailles
Enfants-soldats roulés sans autre lit
Que la fosse qu’on fit d’avance à votre taille
L'amour qui n'est pas un mot
Ma vie en vérité commence
Le jour que je t'ai rencontrée
Epilogue
Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien
Aux frais de la princesse -Yvan Stefanovitch - nouveau monde
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On cherche à rembourser la dette...et on met la main dans la poche des petits.
Dans ce livre l'auteur enquête sur les privilégiés de la république. Il y a de quoi se révolter devant les différences de traitement entre les français. Est-ce qu'on ne serait pas toujours au temps de la féodalité ? des "nobles" jonglent avec l'argent de nos impôts, vivent "en grande pompe", s'achète un patrimoine et proposent qu'on paie davantage nos mutuelles, nos médicaments, notre épargne, nos retraites pour renflouer leur dette !
Il suffirait de supprimer un sénat qui ne sert plus à rien puisque c'est l'assemblée nationale qui a le mot de la fin, puisque sur 345 sénateurs, seuls 60 siégent, puisqu'ils ont des logements gratuits ou presque en plein Paris, des salaires pour jouer à la pétanque ou des défraiement de transport qui servent à partir en vacances (vacances qu'ils ont aussi beaucoup plus longues que le français moyen...normal c'est fatiguant de fumer le cigare) ou qui leur permettent d'arrondir leur fin de mois, sans oublier les primes de nuit (la nuit commence à 19h05 chez eux) attribuées même lorsqu'il n' y a pas de réunion "de nuit" !. Il suffirait de supprimer les priviléges des fonctionnaires outre-mer qui coulent littéralement l'économie de ces départements. Il suffirait d'empêcher les menbres fantômes de toucher leur salaire et il y en a dans tous les grands corps. Il suffirait d'interdire le cumul des salaires et surtout les mises en disponibilités des haut-fonctionnaires qui travaillent dans le privé, non, qui pantouflent dans le privé tout en gardant leurs avantages. il suffirait d'être plus "raisonnable" dans le traitement de nos préfets et de nos ambassadeurs et de surveiller de prés leur agissements. Une fraude, à ce niveau est très vite enterrée (pas pour le commun des mortels qui agit à un niveau beaucoup plus bas pourtant !). J'ai envie de parler des 1000 euros accordé à madame la présidente pour qu'elle puisse s'habiller correctement... la pauvre...des voitures de fonction avec ou sans chauffeur et parfois à vie... , des voyages indispensables bien sûr alors que la visio-conférence pourrait sérieusement faire faire une belle économie à l'état. Travailler plus pour gagner plus !!! mais pas pour nos "nobles" ...pour eux, c'est plutôt le contraire.
On pourrait en rire si c'était pas triste à pleurer...quid de l'exemple ? quid de ces référents qui se gavent au caviar dans des villas de luxe à nos frais ? Quid de cette politique qui n'inspire que méfiance et dégoût ?
des extraits :
Le privilége n'est pas un contenu mais un statut, non soumis à la concurrence et octroyé par l'Etat, le plus souvent le président de la Rrépublique. les priviléges de la noblesse de l'état sont sans limite : sécurité totale de l'emploi, possibilités d'aller et venir sans contrainte entre l'administration et des entreprises privées, régime fiscal sur mesure, rentes de situation, services sociaux particuliers, primes automatiques, retraites tout confort, chauffeur, voiture et logement de fonction, congés supplémentaires, promotions automatiques à l'ancienneté, horaires de travail allégés, statut protecteur, prêts bonifiés, numerus clausus. Aucun autre gouvernement au monde n'offre autant davantages à son élite technocratique.
la plupart des premiers présidents de la Cour des comptes ont multipliés les tentatives pour augmenter la productivité de leurs troupes. Autant vouloir vider la mer avec une petite cuillière. En effet, cette juridiction d'élite affiche une rentabilité de forçat : une enquête par an et par magistrat, 60 pour cent des conseillers à la Cour des comptes brillent par leur absentéisme, d'autant qu'il n'existe aucun contrôle du temps de travail ou de présence effective.
Depuis Napoléon, les préfets ont été habitués à vivre dans la soie. (...) notamment les 2200 euros environ de frais fictifs mensuels, versés discrétement à tous les préfets, directement sur leur compte bancaire. (...) Avec un salaire net de 8250 euros, il (île de france) est le préfet le mieux payé de France. Cependant cet argent ne lui sert même pas pour ses faux frais. Aucun frais de maison n'est à sa charge. Pas le moindre produit d'entretien, ni la plus petite boite d'allumette, le moindre journal. Rien. ici seize domestiques s'affairent du matin au soir...
Tous les préfets de France sont bien logés - ils partagent cet avantage avec les ambassadeurs - mais certains bénéficient d'appartements incomparables, de cadres de vie somptueux. Ils sont attribués en récompense d'une certaine fidélité politique. C'est le fait du prince de l'Elysée.
Les 350 conservateurs des hypothéques nommés par le président de la République apparaissent comme les mieux lotis avec une rémunération maximale de 15416 euros net par mois. Institués par colbert, ils étaient rémunérés au pourcentage sur le service rendu. Aujourd'hui, ils doivent assurer au maximum deux heures de travail par jour. Ce sont leur subordonné qui assument toute leur tâche. celle-ci consiste à enregistrer chaque vente immobilière ou de terrain sur leur secteur géographique. Chacune de ces formalités leur permet de gagner une prime. (...) Le simple clic d'une souris d'ordinateur ferait le même travail en quelques secondes. L'informatisation des 350 conservations des hypothéques permettrait de réaliser d'énormes économies en confiant cette mission au centre des impôts. Mais celle-ci n'est pas à l'ordre du jour. Car, du même coup, le ministère de l'Economie et des Finances perdrait un bel outil de récompense pour ses fonctionnaires les plus zélés.
Il y a des ambassadeurs qui exagèrent vraiment. ils piquent dans la caisse en allongeant la liste des invités, ils mettent peu de choses dans les assiettes ou remplissent les verres de mousseux facturé au prix du champagne. C'est une système pourri, où les grandes élites couvertes de priviléges et branchées direct sur l'Elysée bouffent les petites gens qui besognent qui se donnent du mal à l'étranger ou à Paris.
Ils sont 96000 environ, les diplomates français à profiter tous les jours de grands et de petits priviléges tout à fait légaux, payés par le contribuable qui lui, n'en sait rien.
De même, beaucoup de pièces du mobilier national, qui meublent les résidences des ambassadeurs de France a bel et bien disparu. Des diplomates indélicats ont pris l'habitude de faire exécuter des contrefaçons de ces meubles. L'original est revendu, la copie reste à l'ambassade.
Le nombre de diplomates a sextuplés en un peu plus d'un demi siècle . (...)Cet armada de fonctionnaires dans ces pays est-elle bien nécessaire au prestige de la France ? Le téléphone fixe, mobile ou sateelitaire, le télex, internet, l'avion ont porté un sacré coup à la fonction diplomatique de ces grandes ambassades. (...) Aujourd'hui notre pays entretient dans le monde le second réseau diplomatique en nombre d'ambassades. la France n'est pourtant pas la deuxième puissance mondiale cependant, mis à part les américains, ses diplomates bénéficient des plus fortes indemnités accordées pour séjour à l'étranger par rapport à leurs collègues du monde entier . l'exception française vous avez dit ? (...) dans le calcul de leurs impôts, seul le salaire incidiaire (entre 1500 et 5250) est pris en compte par le fisc.
La quasi totalité des chefs de poste ignore la langue du pays où il travaille...(pour certains ils ne parlent même pas anglais.)
Si vous voulez l'égalité des chances, écrit Claude allégre, il faut accepter que l'école d'argenteil reçoive plus de moyens qu'henri IV
Parmi les 25000 fonctionnaires officiellement retraités dans les départements d'outre-mer, combien font semblant d'y vivre pour toucher une pension majorée ?
Le général de Gaulle tenta de suprimer le Sénat. A ses yeux, l'institution, vieille d'un peu plus de deux siécles, ne servait plus à grand chose. Le cumul des mandats et l'absentéisme chronique des occupants du Palais du Luxembourg faisaient déjà recette....*
Le niveau de rénumération des 1222 fonctionnaires du Palais du Luxembourg est tout simplement stupéfiant. A qualification égale, leurs salaires sont 50 pour cent plus élevés que ceux de la fonction publique d'Etat et 20 à 30 pour cent supérieurs au privé. Travaille-t-on au moins dans ce monastère installé en plein Paris ?
Tout salarié de l'Etat ne peut precevoir en même temps une retraite aussi versée par l'Etat, sauf au Sénat où tout reste possible.... (...) Salariés les mieux payés de la fonction publique et du privé, les employés du sénat sont aussi les rois des vacances. Démonstration cette assemblée a siégé 127 jours au cours de l'année parlementaire 2003-2004 soit un jour sur trois.
Les priviléges sont cumulatifs. Rien n'empêche les bénéficiaires de logements de fonction de profiter de prêts immobiliers à taux préférentuiels, généreusement accordés par la caisse de retraite du personnel du Sénat. Les 1222 fonctionnaires ont droit jusqu'à 76000 euros d'emprunts pour acheter un pavillon ou un appartement à toux zéro. Ensuite 122000 à 2 pour cent, puis 3 pour cent. un haut fonctionnaire souscrira plusieurs prêts pour lesquels il ne devra régler qu'un taux de 1.5 pour cent alors que le commun des mortels rénuméra sa banque à 5 pour cent.
La poche sans fond du contribuable a permis au Palais du Luxembourg de se transformer en propriétaire d'une bonne partie des immeubles des rues de tournon, Bonaparte, Servandoni, Garancière et d'un hôtel particulier rue vaugirard.
Déjà responsable des frais de fonctionnement pharaonique de l'hôtel de Lassay, Jena-Louis Debré participe aux gabegies immobilières de la Banque de france. (...) en fait l'instituttion monétaire loge gratuitement ses sous-gouvernements et certains de ses huit directeurs généraux. (...) Les logements fastueux et gigantesques de plusieurs directeurs de province font passer pour un aimable amateur l'ancien ministre de l'économie. (...)pour tous ces logements de fonction, la banque règle les factures de l'eau, du gaz, de l'electricité, du chauffage, du téléphone et quelque fois du personnel domestique. Aucune de ces factures n'est déclarées comme avantage en nature. (...) De plus la banque rembourse la taxe d'habitation à tout salarié occupant un logement gratuit.
L'affaire la plus scandaleuse se cache derrière l'histoire du conseil de la politique monétaire (CPM). 2 jeudis par mois, 4 conseillers se réunissent (..) pour cette besogne harassante et exclusive ils perçoivent 11361 euros chacun par mois. (secrétaire personnelle, berline de fonction avec chauffeur et notes de frais). Nommés pour une période de neuf an avec renouvellement tous les 3 ans en conseil des ministres, ces 4 personnalités ne servent à rien ou presque rien. (...) Depuis la disparition du franc le CPM ne sert plus qu'à une seule chose : fixer le taux d'intérêt du livret. (...) leur nomination sert uniquement au gouvernement et au président à placer ses amis. quand on parle d'économies à réaliser, de bonne gestion pour de nombreux salariés de la banque de France, l'existence du CPM comme de celle du parc immobilier est une aberration.
Le service de l'inspection des finances ne joue pas son rôle. Il devrait être la police de l'argent public, l'antigang de Bercy en quelque sorte....Bon nombre de leur collègues inspecteurs des finances, comptent parmi les dirigeants des plus grandes entreprises françaises. (...) en réalité le corps de l'inspection des finances ne se préoccupe que d'une chose : sa conquête du pouvoir. Le pantouflage de ses membres (avec un retour possible à tout moment dans le nid douillet de l'IGF à Bercy ) est devenu sa raison d'être au profit de ceux qu'on considère encore comme les plus vertueux. En clair, le corps de l'inspection des finances détruit le service dont il est issu et sa voccation d'origine.
Une PME saute pour un trou de trésorerie de quelques dizaine de milliers d'euros. Les Messier, Bon, Bilger eux, peuvent jongler avec des milliards sans que jamais les banquiers s'inquiétent. Les gros ont tous les droits, les petits aucun (Ghislaine Ottenheimer).
Cette nouvelle noblesse, ni de droite, ni de gauche, de plus en plus étrangère à tout idéologie ou religion politique, est à l'origine d'un énorme gâchis des deniers publics.
novembre 2010
Une proposition pour l'éducation de nos gouvernants
Leçons de morale (un sujet par mois...il y a du boulot !)
- L'intégrité : État d'une personne ou d'une chose qui est intègre, inaltérable. L'intégrité désigne la probité absolue, l'honnêteté sans failles d'un individu.
D'après ce que j'ai pu lire, d'après ce que j'ai pu entendre, ce sujet nécessite plusieurs séances.
Les exemples et les faits ne manqueront pas pour étayer les débats.
Une petite citation pour alimenter la conversation (si besoin)...
Daniel Cohn-Bendit : La parole de nos gouvernants est triple zéro.
2 - La valeur de l'exemple
Peut-on espérer un peuple qui respecte les régles, qui accepte les efforts financiers, qui paie ses dettes, qui ne cumule pas les avantages, qui fait passer l'intérêt général avant son intérêt personnel...sans exemple à suivre..
Un enfant a besoin de parents exemplaires pour grandir dans le respect et l'autonomie..Comment espérer améliorer l'éducation lorsque nos élites sont mal élevées !
3-La politesse
4-L'honnêteté
5-La Tolérance etc....
Automne - Mons Kallentoft - Le serpent à plumes
Un cadavre est retrouvé dans les douves d'un château. Il s'agit du nouveau propiétaire. Un avocat qui a fait sa fortune sur le dos des autres. Personne ne l'aime, personne n'est donc surpris. Malin, commissaire, va mener l'enquête et trouver le coupable.
Sans doute ma lecture aurait été facilitée si j'avais lu les livres précédents de cet auteur...là,... j'étais un peu perdue entre le passé incompréhensible (ne connaissant pas les nombreux personnages et les aventures vécues) et la complication à lire et retenir les noms suédois (un petit air d'ikea ;) ) Donc j'ai abordé ce roman avec un réel intérêt pour le style de l'auteur mais si certains passages me plaisaient beaucoup, d'autres m'ont paru brumeux et déroutants... Je me suis accrochée jusqu'au bout parce qu'il y avait du suspens même si cela m'a semblé long pour arriver à la conclusion.
Des extraits :
Ce dont j'ai toujours eu le plus peur, c'est de la solitude. Celle qui se trouve au-delà des coups et de la raillerie. J'ai pourtant été seul presque toute ma vie. C'est comme si j'étais au milieu d'un champs désert, sous la pluie, à attendre que la personne qui me manque vienne à moi.
Elle doit dissumuler son manque de confiance en elle derrière l'insolence.
mars 2011


